Un nouveau livre de chevet !


Oui aujourd’hui, j’ai eu comme une envie de vous faire partager ma lecture du jour, c’est assez incroyable je sais, depuis le temps… J’en ai toujours l’envie, mais je manque de temps… Comme pour beaucoup maintenant ! Bon, j’avoue tout : on m’a demandé mon avis sur le livre. Du coup, je vous en fais profiter ! Et si vous l’avez lu aussi, dites moi ce que vous en avez pensé ! Ah oui, une dernière précision : je ne suis pas une critique littéraire… juste une lectrice !!

Ce nouveau livre parle des chats, non d’un chat : Attila, un chat de gouttière plutôt sympathique ! Voyez plutôt :

couv-attila-voyageur.jpgAttila, le curieux chat voyageur de Christine Lacroix, édition City-Éditions.com, roman, mai 2016

237 pages, 17,90 €

.
Quatrième de couverture :

« Turbulent, patachon, espiègle, fanfaron : ce sont les traits de caractère d’Attila, le beau chat de gouttière. Ce robuste félin partage l’existence d’un sympathique bipède qu’il a réussi à apprivoiser. Mais un jour, lors d’un déménagement, pris de panique, Attila s’enfuit. Commence alors une vie d’aventures, de chat errant dans une ville qui n’est pas vraiment faite pour lui.


Lors de ces aventures, il rencontre des humains, mais aussi d’autres chats, pas toujours très sympathiques, et savoure sa liberté. Mais Attila garde toujours un objectif : retrouver son compagnon, l’humain avec qui il partageait sa vie. Il n’aura de cesse d parcourir le monde en tous sens jusqu’à avoir accompli sa mission er être enfin rentré à la maison… »


Auteur du roman à succès « Les fantastiques aventures de Surcoût » (City), Christine Lacroix ne se rappelle pas un jour de sa vie sans présence féline, notamment celle d’Attila. Son souhait serait que ses romans invitent à se rendre dans un refuge pour y adopter le plus ancien locataire ou le plus cagneux des chats de gouttière.

.

Extrait page 7 :

« Avant, je m’appelais Black, juste Black. Mais Attila ça me va…

Pourtant à mes débuts j’étais blanc, tout blanc. Quand j’étais chaton, je suis tombé dans un sac de coke posé dans le coin nord de la remise où je suis né ; maintenant je suis noir, tout noir avec des émeraudes à la place des yeux. »

.

Mon avis de lectrice (et que de lectrice !)   :


Un livre plaisant à lire
, qui se lit relativement facilement. On suit le chat dans ses aventures, heureuses ou moins heureuses. J’en profite pour préciser… La suite ? Ici !

Regarder


Regarder
Savoir s’arrêter pour regarder
Ouvrir grand les yeux
Admirer
S’émerveiller
Aimer
Profiter de cet instant avant qu’il ne passe
Avant qu’il ne se fane
Le graver en soi pour se le rappeler
Et sourire… A la vie…

On chemine


On chemine parfois facilement quand le sol est dur et plat, parfois durement quand sous nos pieds se trouve une dunette sableuse…
On avance avec l’espérance d’arriver au bout du chemin et d’être récompensé de nos efforts.
Et hier, qu’est-ce que j’ai aimé ce que j’ai trouvé, et entendu, et senti, au bout du chemin !!

Le printemps


« Dès l’approche du printemps, on sent toute une vie qui s’éveille : les fleurs, les arbres, les oiseaux… Dans la nature, c’est une nouvelle vague qui déferle. Voilà un des phénomènes les plus extraordinaires : le renouveau. Chaque année tout se renouvelle… sauf les humains ! Les humains, eux, restent les mêmes, ils ne pensent pas à se mettre à l’unisson de ce renouveau, on dirait qu’ils sont barricadés. Pourquoi ne font-ils pas l’effort de s’ouvrir, d’ouvrir en eux les portes et les fenêtres pour que cette vie puisse les pénétrer, les imprégner ? Certains diront : « Mais pour nous, c’est fini, nous sommes vieux. Le printemps, c’est pour la jeunesse. » En raisonnant ainsi, ils se coupent des sources de la vie et ils vieilliront de plus en plus vite.
Tous doivent marcher avec le renouveau, il n’y a pas de distinction entre les jeunes et les vieux. Est-ce que vous avez entendu de vieux arbres dire : « Oh ! nous, vous savez, on a déjà passé l’âge de fleurir et de reverdir, on laisse ça aux jeunes, maintenant » ? Non, eux aussi au printemps se couvrent de feuilles et de fleurs. Donc, même les vieilles grands-mères, même les vieux grands-pères doivent entrer dans la ronde du printemps, trotter, sauter, danser – au moins symboliquement – et ils iront mieux. »

Omraam Mikhaël Aïvanhov

Dictée de Pélagie !


Et bien voilà, aujourd’hui, je me lance dans l’épreuve lancée par Pélagie . A l’honneur, du français, du calcul et un peu de culture générale.

Texte tiré du roman d’Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo.

A vous de trouver les fautes qui s’y sont insérées !!!! J’en ai trouvées 9 ?

Le soleil était arrivé au tiers de sa course à peu près, et ses rayons de mai donnaient, chauds et vivifiants, sur ces rochers, qui eux-mêmes semblaient sensibles à sa chaleur ; des milliers de cigales, invisibles dans les bruyères, faisaient entendre leur murmure monotone et continu ; les feuilles des myrtes et des oliviers s’agitaient frissonnantes, et rendaient un bruit presque métallique ; à chaque pas que faisait Edmond sur le granit échauffé, il faisait fuir des lézards qui semblaient des émeraudes ; on voyait bondir au loin, sur les talus inclinés, les chèvres sauvages qui parfois y attirent les chasseurs : en un mot l’île était habitée, vivante, animée, et cependant Edmond s’y sentait seul sous la main de Dieu.

Il éprouvait je ne sais quelle émotion assez semblable à de la crainte : c’était cette défiance du grand jour, qui fait supposer, même dans le désert, que des yeux inquisiteurs sont ouverts sur nous.

Ce sentiment fut si fort, qu’au moment de se mettre à la besogne Edmond s’arrêta, déposa sa pioche, reprit son fusil, gravit une dernière fois le roc le plus élevé de l’île, et de là jeta un vaste regard sur tout ce qui l’entourait.

@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Culture générale

Comment s’appelle l’élevage de volailles ? La ferme… Oups, l’aviculture bien entendu !

Du blé, de l’avoine ou du sarrasin, laquelle de ces céréales ne fait pas partie de la famille des graminées ? Le sarrasin, bien que cette plante soit cultivée pour ses graines

– Comment s’appelle le petit de la chèvre ? Le chevreau, la chevrette (quand c’est une « fille ») 

Parmi ces 3 animaux : la vache, la chèvre et la jument – ne fait pas partie de la famille des ruminants ? La jument

– Sauriez-vous retrouver de quel continent proviennent ces aliments ?

     – brocoli : Europe

     – artichaut : Afrique

     – pomme de terre : Amérique

     – fruit à pin : c’est la pigne ? ou l’arbre à pain ? J’ai supposé le dernier : Océanie

     – pomme : Asie

@@@@@@@@@@@@@@@@@@@

Calcul

Un apiculteur a 3 ruches qui produisent respectivement 9kgs4, 6kgs4 et 8kgs2. Avec toute sa récolte, combien de pots de 500 grammes pourra-t’il remplir ?

La récolte totale se monte à 9,400 + 6,400 + 8,200 = 24 kgs.

Il faut 2 pots de 500 grammes pour mettre 1 kg de miel dedans. Donc l’apiculteur pourra remplir 24 x 2 = 48 pots de 500 grammes de miel. 

Alors Pélagie ? Suis-je admise ? Sourire
Et si vous avez envie de tenter l’aventure, c’est par ICI

Les Siamoises de Belleville (fin)


« Mais ? Que se passe-t-il ? Tu préfères Cora finalement ? Tu aimes la contradiction ? Tu fais ton rebelle ? lui demanda Line, provocatrice et un peu agacée par ce retournement de situation. 

– C’est que… Non, ce n’est pas ça, répondit Edgar sur un ton léger. Non je ne fais pas mon rebelle contradicteur ! Ce sont plutôt les minettes qui sont comme ça ! dit-il avec un clin d’œil complice.  

Ce que je disais à Cora, c’est que j’ai besoin de vous deux ensemble, pas être avec l’une sans l’autre. Vous m’êtes un tout, délicieuses dans vos besoins d’aventures folles.  

Vous êtes pour moi la Vie, avec un V majuscule.  

J’aime ce que vous faites, ce que vous ne faites pas. J’aime quand vous partez dans vos délires et que vous en revenez soucieuses ou heureuses.  

J’aime tout de vous. Et je voudrais être avec vous, vous protéger des mauvaises rencontres, même si je sais que vous êtes fort capables de vous défendre seules.  

Je voudrais vous apporter mon aide quand vous en avez besoin et je voudrais que vous m’apportiez ce petit grain de folie que vous mettez partout où vous passez, que vous m’appreniez à être aussi vivant que vous. En fait, je crois que je me suis mépris… » 

lady_and_the_tramp_disney_production_CEL_06

 

Cora et Line se regardèrent. Elles se demandaient où Edgar voulait en venir. Elles avaient pourtant été bien claires : il ne pouvait pas avoir les deux sœurs ! Et en quoi  s’était-il  mépris?  Il les aimait, ok !  Compris. C’était acté, alors pourquoi ce grand discours ? Elles s’en étaient irritées presque : allait-il continuer à jouer encore longtemps les perroquets comme ça ? 

 

Un mouvement furtif attira alors l’attention des jumelles. Sur le rebord de la palissade, quelqu’un s’était installé pour mieux assister à la scène. Pire, ce siamois voyeur souriait, toutes canines déployées ! 

C’était Saphir, The Chat of The Quartier, the Caïd, the Big Boss ! Attirer l’attention de ce grand Seigneur pouvait tout aussi bien apporter de grandes satisfactions qu’ annoncer un bien grand malheur. Et là, il était tout bonnement en train de rire silencieusement, se frottant le ventre de la patte, toutes moustaches en bataille ! 

Edgar prit soudain conscience que les minettes n’étaient plus guère attentives à ses propos. Il regarda ce qui les intriguait : « Oh non, pensa-t-il, Saphir ! Lui ici ! Ce n’est pas possible, il va tout faire rater ! C’était déjà bien assez compliqué ainsi… » 

 

Il se redressa, bien décidé à montrer qu’il était un matou digne de ce nom, contrairement à ce chat de basse-cour, ce m’as-tou vu  tout juste bon à picorer les miettes des autres. 

Instantanément Saphir arrêta de rire et le regarda avec intensité et autorité. Il sauta souplement et arriva très vite aux pieds des demoiselles qu’il salua,  une frisette de sourire dans l’œil. Son salut fut apprécié des minettes qui minaudèrent en lui rendant  force d’œillades prometteuses. 

chat-siamois

 

 Puis il se planta de toute sa hauteur devant Edgar :  

« Chalut ! J’peux savoir pourquoi tu traînes ici ? On t’a jamais dit qu’ici, ch’est chez moi ? 

– Enchanté de même, répondit Edgar. 

– Je vais être sympa avec toi car je suis dans un jour de grande bonté, ajouta Saphir avec un clin d’œil en direction de Line et de Cora. T’as 30 secondes pour déguerpir et j’ferais comme si t’avais jamais existé… 

– Pardonnez-moi, mais il me semble que vous n’étiez pas invité à notre discussion et… 

– Et rien du tout, Matou de rien du tout ! J’ai tout entendu et je peux te dire que ces belles demoiselles en ont assez de voir ton  minois de chat battu ! Il te reste 17 secondes… 16… 15…  » 

g8iruxmh

 

Ignorant totalement Edgar, la sensuelle Line et la douce Cora s’approchèrent de Saphir et l’encadrèrent. De battements de cils en sourires enjôleurs, elles tournèrent le dos à Edgar entraînant avec elles le caïd de la cité.  

 

« Laisse tomber ce débile, minauda Cora : il fait rien que d’jacasser, de pipeauter et de changer d’avis comme de coussinets ! Dis-nous plutôt depuis quand t’es arrivé en ville ! T’avais disparu, on s’inquiétait ! » 

 

Edgar, estomaqué, en perdit tout miaulement. 

Line se retourna, le temps de lui lancer un regard appuyé et moqueur qui en disait long sur ce qu’elle pensait de lui.  Cora lui tourna ostensiblement le dos et sa queue fouetta l’air nerveusement. Saphir jubilait.

Edgar piqua du nez. Son orgueil était brisé. ses rêves aussi. Il n’avait plus qu’à trouver une sortie digne pour préserver son honneur. Saphir ne lui en donna pas même le temps. avant la fin du décompte, il bondit en sa direction pour lui sauter sur le paletot et prouver aux minettes qu’il était fort, beau et qu’il sentait le sable chaud de Belleville.

Edgar  battit en retraite sans demander son reste. Seule consolation pour lui : dans son élan, Saphir ne put éviter un réverbère qui le sonna un bon moment. Les minettes en profitèrent pour jouer les infirmières.

Edgar, philosophe, partit de son côté, cow boy solitaire, en méditant sur la versatilité de la gent féminine et à cette devise que François 1er, fin connaisseur, avait fait graver sur toutes les fenêtres du château de Chenonceau: « Souvent femme varie, fol qui s’y fie ».

 

 chat-siamois-portrait

 

Les Siamoises de Belleville


images-3Un peu intrigué mais toujours sur ses gardes, Edgar s’approcha. Line cherchait quelque chose dans le gravier. Elle mit de côté un caillou blanc puis un autre noir.
Cora lui expliqua doucement ce qu’ils allaient faire pendant que Line mélangeait et cachait les deux cailloux sous une feuille morte, loin des yeux d’Edgar et de sa sœur.

 

« Voilà, quand on n’est pas d’accord, Line et moi, on s’en remet au destin.
– Mais ? Pourquoi s’en remettre au destin ? Vous me dites oui ou vous me dites non, et l’affaire est conclue, ou pas !
– Commence pas à crier comme un chat qu’on écorche, steuplait, c’est pas le moment ! parla fermement Line. C’est prêt, rajouta-t-elle à l’attention de sa sœur.
– La seule chose que tu aies à faire, c’est de me dire quelle feuille tu choisis. Pour ton info, tu tires le noir, c’est Line, le blanc, c’est moi. »
Et dans un bel ensemble bien synchronisé, Line et Cora poussèrent un « Vogue la galère » en se tapant la patte droite puis se tournèrent vers Edgar pour attendre son choix, et donc le verdict de leur destinée.

Edgar fut troublé en entendant les deux minettes. Mais il obtempéra tout en se disant que rien n’était joué quoiqu’il arrive. Il tendit sa patte gauche vers la feuille dorée. Cora vint la soulever et découvrit un beau caillou tout noir. Le sort était jeté, le verdict tombé : c’était Line qui avait gagné !

DSC_0352

 Cora en fut toute dépitée : c’est qu’elle n’aimait pas perdre. Mais elle fit contre mauvaise fortune bon cœur. Elle les laissa en tête à tête, histoire qu’ils fassent un peu plus ample connaissance en toute intimité. Line de son côté affichait un sourire victorieux.  

 

Tout cela laissait un goût amer à Edgar qui se sentait particulièrement mal à l’aise. Il avait à la fois la sensation d’avoir été utilisé par les jumelles et le sentiment de ne pas avoir été compris, ou en tout cas, pas bien entendu. De plus, voir la belle Cora partir de cette manière-là l’avait touché particulièrement, sans qu’il n’arrive à savoir davantage ce qu’il ressentait exactement. Il avait l’esprit un peu embrumé, à cause de toutes ces émotions qui l’avaient traversé. 

 

Cora marchait d’un pas lent et triste, la queue en balancier à chaque mouvement. Oui, Edgar en était tout peiné. Sans réfléchir, il lui courut après et l’interpella tendrement : 

 « Cora ? S’il vous plait, ne partez point, pas de cette façon-ci. Je ne peux pas… Je ne veux pas… 

– ça ne sert à rien de lutter contre le destin. C’était écrit et c’est toi qui a choisi, c’est comme ça ! 

– Ce n’est pas ça que je voulais. Pour moi, c’est impensable de vous choisir l’une plus que l’autre. J’ai besoin autant de vous que de votre sœur… 

– S’il te plait, commence d’abord par nous tutoyer ! Manifestement, on va passer un peu de temps ensemble, non ? Et puis va donc rejoindre Linette qui t’attend ! 

– Viens, nous y allons ensemble. Je crois que… Il me semble qu’il faut vraiment que je vous parle, à toutes les deux ! » 

il_214x170.895000352_s8vj

 

Edgar se colla avec tendresse à Cora pour la pousser vers sa sœur. Line était toute étonnée : avait-il fait son choix finalement ? Cora plutôt que Line ? 

Mais dans la tête d’Edgar venait de se passer un déclic. Oui, il aimait ses siamoises, plus que jamais, avec beaucoup de tendresse et d’affection. Et c’était avec elles deux qu’il voulait être ! De ça, il n’avait aucun doute. Mais…

à suivre

auteurs : Maître Renard et Mariessourire

Vous pouvez retrouver Maître Renard sur son blog

ici !

Les Siamoises de Belleville (suite…)


Edgar en était là dans ses pensées quand Line dit à sa jumelle :  

« Bon, ok, il nous aime toutes les deux. Et tu l’as chouffé la première, d’accord… 

– Eh oui, toutes les deux. T’as vu le temps que ça lui a pris pour nous le dire ? 

– Ouais… J’sais pas trop c’qu’on peut faire de lui, là ? 

– Ouais… C’est la dèche ! Tiens, ça me fait penser à Gudule, tu t’rappelles de ce marteau ? Ce qu’on a pu rigoler !! Il s’était maqué avec Acacia et Pimprenelle, en même temps, mais elles n’étaient pas au courant… Le foin que ça a fait ! » 

Elles parlaient librement devant Edgar, semblant oublier sa présence. Il se demandait s’il n’était pas en train de devenir fou. Pire que l’enfer… Pire que le plus cauchemardesque des cauchemars, les siamoises de Belleville…  

Son cœur battait sur un rythme fou, saccadé. Edgar n’arrivait pas à rassembler ses idées.  Et elles, après s’être battues, elles papotaient comme si rien ne s’était passé… et surtout comme s’il n’était pas là, comme s’il n’avait pas montré son âme et son cœur à ces demoiselles très loin d’être en détresse. 

Un « boloss» comme elles disaient, voilà ce qu’il était…  

Désespéré, il fit mine de partir mais se ravisant, il se retourna et les regarda comme s’il ne devait plus jamais les voir. 

Aussitôt Line leva la patte en direction d’Edgar qui s’immobilisa. 

« Où tu vas comme ça ? On n’en a pas fini avec toi ! lui dit-elle. 

– Moi ? Où vais-je ? Mais je rentre Miss, j’ai bien compris que vous continuez de vous gausser de ma personne. Allons, soyons sérieux, j’ai eu tort de me confier à vous. Je ne fais que semer pagaille et dispute entre vous. Oubliez donc tout ce que je vous ai dit. Cela est bien mieux ainsi… 

– Non, rétorqua Cora. On n’oublie rien ! 

– Et toi tu restes là ! » rajouta Line un brin mystérieuse.

Blog1-001

Edgar en resta les yeux ronds comme ceux des hiboux, les pattes sciées, le souffle coupé. Mais qu’avaient-elles donc dans la tête ? Voulaient-elles lui faire perdre la tête ? Il se sentait complètement perdu. Ses clignotants internes étaient passés au rouge vif, lui demandant de reprendre le cours des choses de façon normale. Il avait bien eu tort de leur parler à cœur ouvert, s’étant mis dans une position très délicate. Mais il y avait pire encore.

Sa réaction primitive quand Line était venue l’effleurer toute en sensualité l’avait surpris. En temps normal, il aurait sauté sur l’occasion, ne laissant aucune chance à la minette de sortir de ses griffes. Et là, il s’était écarté, gêné par ce qu’elle lui offrait… Que lui arrivait-il ? Pourquoi rien ne se passait comme prévu ?

Les siamoises l’empêchèrent d’aller plus loin dans sa réflexion. Elles avaient la tête de chats comploteurs dans l’ombre, leur tête des mauvais coups. Elles chuchotaient entre elles. Edgar tendit ses oreilles pointues en leur direction mais il ne réussit qu’à entendre des chuintements. Il fallait qu’il parte maintenant, et la tête haute lui !

« Mes beautés, je vois bien que je vous ai contrariées. Je vais vous laisser à présent. Permettez-moi de vous présenter mes hommages et de partir loin de votre vue. Il me semble que c’est la seule option envisageable avant que d’autres paroles malheureuses ne fussent prononcées entre vous et moi…
– Non, chat n’va pas être possible ! lui répondit Line, dans un battement de cils. On a pris une décision, moi et Cora. Et ne reste pas planté là comme un é-chat-las, viens donc ici !
– Permettez-moi de vous opposer un refus, Miss, je n’irais pas plus loin dans votre direction.
– C’est pas c’que t’imagines, on va pas te sauter dessus, m’enfin ! Non, au contraire : nous, on a un code d’honneur : c’est la première qui le voit qui l’a ! On s’est toujours dit qu’on ne sortirait jamais avec le même matou, question de principe entre nous, tu vois ?
– Magnifique ! Serai-je un objet à vos yeux ? Et non un matou, un vrai, un pur, un tatoué ?
– Qu’est-ce que tu jacasses quand tu t’y mets ! Rien à voir ! Allez ramène tes fesses ! Lui dit Cora, avec un sourire enjôleur, tu crains rien là, enfin pas pour le moment… »

à suivre …

Par Maître Renard et Mariessourire Afficher l'image d'origine

Les Siamoises de Belleville (encore suite…)


Line poussa de la patte sa jumelle, un air de défi dans ses pupilles rondes. Cora réagit aussitôt :  

 

« Ah non alors, même pas en rêve ! Que t’aies faim, c’est pas mon problème ! Il a dit nous, pas toi ! 

 

– Ah ouais ? Parce que tu le crois en plus ? Et que tu te crois la plus canon ? Mais que dalle ma vieille ! C’est moi qu’il a regardé quand il a causé en angliche… » se pavana Line, toute à son plaisir de faire bisquer sa sœur. 

 

Edgar toussota, très gêné d’assister à cette scène mais déjà il n’existait plus à leurs yeux.  

Cora essayait en vain de raisonner Line, mais cette dernière, ravie de jouer la provocation, en rajoutait à chaque fois davantage. 

 

« Ce que tu peux être lourde, ma pauvre fille, râla Cora. Même que ça m’en frise les moustaches ! 

 

– Faut vraiment que t’ailles voir ailleurs si j’y suis, parce que là je suis très occupée » lui répondit sa sœur en se dirigeant vers Edgar. 

 

Une Line aguicheuse vint mettre la touffe qui lui servait de queue sous les babines d’Edgar, lequel se mit à rougir instantanément tout en faisant un écart. 

 

« Miss, je vous en prie, je ne suis pas celui que vous croyez que je sois ! Votre sœur a parfaitement raison, c’est vous deux que j’aime, et non l’une plus que l’autre. Vous formez un tout si délicieusement indissociable que je ne pourrais… » 

 

Edgar s’interrompit : Cora venait de sauter sur sa sœur, toutes griffes dehors ! Il put admirer la parfaite maîtrise de la technique dite « de peignée » qu’avaient les deux minettes. C’était à tel point qu’il ne pouvait plus du tout les distinguer l’une de l’autre ! Déjà qu’en temps normal, c’était difficile ! 

Des touffes de poils semblaient sauter d’on ne sait où, et les feulements de colère ne substituaient qu’aux cris de joie. 

 

« Mes beautés, je vous en prie, calmez-vous ! Essayons de miauler comme les chats civilisés que nous sommes ! » dit Edgar, voulant calmer le jeu. Mais tout ce qu’il réussit à obtenir, c’est une mêlée tourneboulée remplie de jurons qui venaient lui écorcher les oreilles. 

4906775-Two-Siamese-cats-sitting-together--Stock-Photo-cat

 

Alors il se jeta dans la bataille, voulant les séparer. Il dut user de toute sa force de matou courageux, récoltant griffures et morsures. Et au moment où il s’y attendait le moins, les deux s’arrêtèrent en même temps. Elles remirent en ordre leur pelage méthodiquement, s’aidant mutuellement à coup de langue vigoureux mais ô combien tendres. 

 

Edgar vivait un cauchemar sans nom. C’est sûr, il allait se réveiller ! Rien ne se passait comme il l’avait imaginé, et même dans son imagination la plus terrible, il n’avait osé penser vivre cet enfer émotionnel. Rien n’allait plus. Elles s’étaient sévèrement disputées et là, sous ses yeux ébahis, elles semblaient se réconforter mutuellement.  

Qu’en penser ? Que faire ?

à suivre

Auteurs ? Et oui… Maître Renard et Mariessourire

Les Siamoises de Belleville (toujours suite…)


Décidément ces filles étaient un cauchemar. Mais pas seulement.  

«  Vous avez tout de même daigné vous intéresser à moi quand je vous ai demandé : « Puis-je vous être utile ? » Vous sembliez un peu perdues… 

68a104859733cf83a137451b95e1bbb2

– Nous ne sommes jamais perdues. Nous sommes nées ici. C’est notre territoire. 

– On le connait comme les poches que tu as sous les yeux. Mais nous avons été sensibles à ta proposition. On avait peut-être un petit coup dans le nez et on est assez grandes pour nous défendre… A la limite, celui qui craignait, c’était toi…  

– Mais je suis un gentleman, vous le savez. Je vous ai invité à dormir dans mon château, mon si doux foyer.  

– C’est vrai que tu ne t’es pas moqué de nous. Nous avons roupillé comme des reines. C’est très cosy et très confortable chez toi, avec feu de cheminée et tout et tout… 

– On s’est dit qu’après tout, tu n’étais pas si cave que ça, un pauvre branque et que tu pourrais toujours resservir. 

– Trop aimable !

– Voyons, ne te fâche pas. C’était presque un compliment. Tu sais, à Belleville, il n’y en a pas beaucoup des comme toi. Nous sommes cash, directes mais il n’y a pas de malice. Enfin, ce qu’il faut… Ne pars pas en vrille à tout bout de champ… Un peu d’humour et d’autodérision, que Diable. Tu as toujours l’air coincé, rigide comme si on t’avais collé un balai dans le troufignon : détends-toi, cool, respire: on ne va pas avaler ton ronron… 

– Vous savez, je crois que vous avez raison et votre remarque m’aide un peu. Je n’arrive pas moi-même à comprendre ce qui m’arrive. C’est si étrange, si irrationnel. Même si je n’avais aucun atome crochu pour vous au début, vous avez su piquer ma curiosité et -oserai-je l’avouer?- m’attendrir, puis finalement me faire craquer. In short, I love you. Je crois. désolé. 

– Pourquoi en short ? dit Cora 

– Idiote, c’est de l’angliche. En bref, il nous aime, expliqua Line. 

– Il aime qui ? Toi ? Moi ?  

– L’une et l’autre je le crains, ajouta Edgar en baissant les yeux.  

Toutes deux se regardèrent et se mirent de conserve à pouffer de rire. 

« Ca, c’est la meilleure ! 

– Celle-là , tu nous la copieras ! »

Cora et Line se regardèrent n’en croyant pas leurs moustaches. Ce beau matou qu’elles avaient essayé d’épingler à leur tableau de chasse, était à leurs pieds. Chat alors ! Et c’est au moment où elles ne le calculaient plus qu’il se déclarait… et quelle déclaration ! 

Line poussa de la patte sa jumelle, un air de défi dans ses pupilles rondes.

à suivre…

et toujours écrit par Maître Renard et Mariessourire 😉

Previous Older Entries

Quel temps fait-il chez moi ?

Follow Mariessourire essence d'émotions on WordPress.com

Des mots... des photos... mes envies... au jour le jour, voilà ce que vous trouverez dans mon espace, sans compter l'ouverture de la bibliothèque de mariessourire que vous trouverez ici : http://mariessourire3.wordpress.com/
Bonne visite !

Entrez votre adresse e-mail pour vous inscrire à ce blog et recevoir les notifications des nouveaux articles par courriel.

Rejoignez 431 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :